Aimer son corps, ça s’apprend. La bonne nouvelle, c’est qu’avec la tendance du body positif, on est de plus en plus nombreux à s’accepter comme on est, ou en tout cas à le vouloir. On assume nos formes ou nos pas de forme, nos cicatrices, nos vergetures et autres marques de la vie. Parce qu’après tout, qui a décider des critères de beauté que l’on devait s’infliger ? Pour être bien dans sa tête, le tout, c’est d’être bien dans sa peau, et pas dans celle d’un autre. Mais dans une société qui expose des « corps idéaux » et qui fait de notre bien être physique un des business les plus rentable de notre siècle, plus facile à dire qu’à faire.
Dans la vie, pour aimer quelque chose, il faut commencer par en connaitre l’existence et la saveur. Je n’ai jamais vu quelqu’un dire qu’il aimer le chocolat sans l’avoir goûté, et c’est valable aussi pour les haricots verts, les animaux de compagnie, les copains, et même pour nos âmes sœurs. C’est en apprenant à connaitre quelque chose ou quelqu’un qu’on apprend à l’aimer de la bonne façon. Et pour cela, il faut parfois s’armer de patience, de courage et d’un peu de persévérance. Alors voici mon secret, qui n’en est pas un : pour aimer son corps, il faut d’abord commencer par apprendre à la connaitre.
Bonne nouvelle ! Notre corps est composé de telles sortes qu’il fonctionne naturellement tout seul. Il est intelligent, et il nous prévient quand il a besoin de se reposer, ou de reprendre de l’énergie. Moins bonne nouvelle, notre corps est bien plus complexe qu’on peut le penser. Et pour cause 206 os, 656 muscles, plus de 70 organes, et non moins de 85 milliards de neurones… et chacune de ces cellules à sa propre intelligence. Apprendre à connaitre son corps, c’est donc plus facile à dire qu’à faire.
Pour commencer, je dirais qu’il faut d’abord apprendre à s’écouter, et cela passe par beaucoup d’attention à tous les petits signaux que notre corps peut nous envoyer.
- Être attentif à nos bâillements, à nos baisses de concentration, prendre soin de son sommeil, et ne pas hésiter à faire des siestes la journée quand le besoin se fait sentir.
- Être attentif aux signaux de la faim, nourrir son corps quand il en a besoin, avec ce dont il a besoin, et avec la bonne quantité. Tu n’as plus faim ? Ne te force pas ! Tu n’es pas rassasié ? N’hésite pas à te resservir, ou à prendre un dessert.
- Être à l’écoute de ses envie, car notre cerveau est intelligent : bien souvent nos envies correspondent à nos besoins. Vous avez envie de sortir voir des amis ? Vous avez sans doute besoin de relâcher la pression, de parler, de sociabiliser. Vous avez envie de manger du chocolat ? Cela peut venir d’un manque de magnésium, ou simplement d’un besoin de réconfort. Dans les deux cas, ne vous frustrez pas, le tout est de ne pas tomber dans l’abus. Vous avez beaucoup de courbatures et de plus en plus de mal à récupérer ? Peut-être est-il temps de faire une petite pause et de ne pas forcer sur le sport aujourd’hui.
Mais il faut aussi prendre soin de son corps, car quand on en prend soin, il nous le rend bien. Cela passe par des petites attentions envers soi-même, mais aussi et surtout par de l’activité. Si le corps humain est fait d’autant de muscle, ce n’est certainement pas pour rester assis toute la journée. On est fait pour bouger, et si la santé publique nous recommande de bouger au moins 30 minutes par jour, ce n’est là qu’un minimum pour se maintenir en bonne santé. Bouger, ce n’est pas seulement activer ses muscles, c’est aussi augmenter son taux d’hormones, telles que l’endorphine, la dopamine, l’adrénaline et la noradrénaline, toutes responsables de notre bonheur et de notre plaisir. En pratiquant une activité physique régulière, on prend donc soin de notre bien-être physique, mais on aide aussi notre cœur, on régule noter respiration, on diminue notre taux de cortisol (hormone responsable du stress), on prend soin de nos os, et surtout, on se sent bien dans notre tête ! Et si vous faites partis des moins sportifs, il est tout à fait possible de pratiquer une activité physique régulière autrement : jardinage, balade à pied, se déplacer en vélo, bricolage… à vous de trouver votre manière de rester actif !
Pour aimer son corps, même lorsqu’on le connaît par cœur, qu’on l’écoute et qu’on en prend soin, ce n’est pas toujours facile. Il reste une dernière chose sur laquelle travailler, et pas des moindre : la confiance en soi.
Rien à voir avec le yoga ? Détrompez-vous !
Se reconnecter à soi, arrêter de se comparer aux autres, faire preuve de reconnaissance envers son corps, s’accorder de la valeur, prendre possession de son corps… Bien souvent, on pratique le yoga pour avoir un corps tonique, ferme et en bonne santé. Mais en pratiquant, on se rend très vite compte que le yoga nous permet aussi d’apprendre à connaitre chaque recoin de notre corps et à connaitre nos limites.
Quand on pratique régulièrement le yoga, on adopte aussi la philosophie yogique. Une manière de penser et de voir la vie qui s’étend au-delà de nos tapis. Ce sont des valeurs, des croyances et une façon d’être qui nous suivent au quotidien. L’une des bases de cette philosophie est la bienveillance : on est bienveillant envers nos proches, envers les autres, envers la nature, mais aussi envers nous. On apprend alors à s’aimer et à faire preuve d’indulgence avec soi-même. À force de pratique, nos complexes deviennent des forces, et nos difficultés à s’accepter notre corps tel qu’il est fait à la reconnaissance. Parce que c’est tout de même grâce à ce corps, que l’on aime plus ou moins bien, que l’on bouge, voit, entend, sent et surtout, que l’on vit.


